Le vieillissement actif

Introduction

L'OMS a adopté un cadre d'orientation sur le vieillissement actif, mieux connu sous le nom de « vieillir en restant actif ». Ce cadre a un auditoire de plus en plus large auprès des décideurs lors de la conception de politiques publiques destinées aux aînés. Au plan des politiques publiques québécoises, il est depuis 2008 en arrière-fond de l'implantation du projet-pilote VADA.

1. Modèle de l'OMS

Comme nous venons de le mentionner, le concept se développe sous l'instigation de l'OMS. Durant les années 1990, les bienfaits de l'activité physique sur la santé, présentés sous l'appellation « vieillir en santé » (OMS, 1993), incitent l'OMS à promouvoir le vieillissement actif. C'est en 1999, lors de l'Année internationale des personnes âgées organisée par l'ONU, que l'OMS lance le projet vieillir en restant actif« Restons actifs pour bien vieillir » (OMS, 1999a). Une première définition du concept est proposée :

« Vieillir en restant actif, c'est la capacité des personnes qui, en vieillissant, continuent de mener une vie productive et de jouir d'une bonne santé au sein de leur famille, de leur société et de leur économie » (OMS, 1999b, p.3).

En 2002, lors de la Deuxième assemblée mondiale sur le vieillissement à Madrid (ONU, 2002), l'OMS renouvelle son intérêt dans le concept de vieillissement actif en publiant un cadre d'orientation (OMS, 2002). Cette fois, l'OMS élargit considérablement la portée du concept en identifiant une série de facteurs rattachés au vieillissement actif et en développant des mesures précises pour inciter à l'action. Le concept prend alors le sens qu'on lui accorde le plus couramment aujourd'hui, à savoir un « [...] processus consistant à optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité afin d'accroître la qualité de la vie pendant la vieillesse » (OMS, 2002, p. 12).

On y retrouve les trois principales dimensions, que l'on peut aussi déterminer comme étant les trois socles du vieillissement actif soit, la santé, la participation et la sécurité. La figure, tiré du guide «Vieillir en restant actif: Cadre d'orientation» (OMS, 2002) illustre le concept.

 

La santé

Premièrement, compte tenu du mandat de l'OMS, il n'est pas étonnant de retrouver la santé comme l'une des dimensions du vieillissement actif.  Cette dimension prend en considération le fait que les individus vivent mieux et plus longtemps en limitant l'apparition de maladies chroniques et du déclin fonctionnel. De plus, être en bonne santé procure davantage d'autonomie et de bien-être chez les individus, diminuant ainsi les besoins en matière de soins médicaux ou de traitements pharmaceutiques.

Néanmoins, en contrepartie de l'attention portée à la santé des individus l'OMS indique que la société a l'obligation d'agir auprès des individus, à savoir que lorsque les soins sont nécessaires, il importe de développer les services sociosanitaires adéquats, abordables et accessibles. Ceci est une indication importante étant donné que l'OMS déplace l'obligation sociale des aînés vers un droit individuel reconnu, celui d'être membre à part entière de la société.

Les personnes vivent mieux et plus longtemps lorsque l'apparition de maladies et du déclin fonctionnel sont limités. De plus, être en bonne santé procure davantage d'indépendance et de bien-être chez les personnes, diminuant ainsi les besoins liés aux soins de santé et services sociaux. Mais encore, la société se doit de répondre aux besoins des personnes en développant des services sociosanitaires adéquats, abordables et accessibles

 

La participation

Deuxièmement, dans la poursuite de la première dimension, l'OMS cible précisément la reconnaissance des besoins et des droits à l'égard de la participation des aînés, et cela, dans toutes les sphères de la vie des individus : sociale, économique, culturelle et spirituelle. De telle sorte que les aînés continueront à participer à des activités qui portent un sens à leurs yeux, ainsi qu'un sens pour la société, permettant ainsi une meilleure inclusion sociale.

Les aînés ont besoin et ont le droit de participer pleinement à la société, et cela, dans toutes les sphères de la vie des individus : sociale, culturelle, spirituelle et économique. Avec cette participation, les aînés continueront à contribuer à des activités qui portent un sens à leurs yeux, ainsi qu'un sens pour la société. Participer c'est se voir inclure dans son milieu. 

La sécurité

Troisièmement, l'OMS met en valeur encore une fois le vieillissement actif à partir du social, car il importe que la société soutienne et aide les personnes vieillissantes qui n'arrivent plus à se protéger et à subvenir à leurs besoins. Selon l'OMS, la dignité des aînés est assurée lorsque les besoins de sécurité sociale, financière et physique sont satisfaits.

À cet égard, la sécurité devient un préalable à la mise en application des deux autres dimensions. On le voit bien, le cadre d'orientation « vieillir en restant actif » transcende ses trois dimensions (santé, participation et sécurité) afin d'y inclure, a priori, les droits des aînés tels que définis dans les Principes des Nations Unies pour les personnes âgées (ONU, 1991).

Il est nécessaire que la société soutienne et aide les personnes vieillissantes qui n'arrivent plus à se protéger ou à subvenir à leurs besoins. La sécurité est la condition première pour que les personnes vivent dans la dignité. Celle-ci est assurée quand les besoins de sécurité sociale, financière et physique sont satisfaits.

 

2. Modèle d'Alan Walker

Au Québec, le vieillissement actif repose en partie sur les orientations de l'OMS, cependant il se déploie aussi à travers sept principes développés par le sociologue Alan Walker (2002, 2009). Ces principes sont :

  1. Le vieillissement actif comprend toutes les activités significatives pour le bien-être de l'individu, de sa famille, de la communauté ou de la société et ne se restreint pas à l'employabilité et à la productivité;
  2. Le vieillissement actif est avant tout un concept de prévention et, par le fait même, englobe tous les groupes d'âge à travers le parcours de vie;
  3. Le vieillissement actif englobe tous les aînés, quelles que soient leurs conditions, même ceux qui sont vulnérables et dépendants;
  4. Le maintien de la solidarité intergénérationnelle est un élément important du vieillissement actif;
  5. Le vieillissement actif signifie à la fois les obligations et droits sociaux attribués aux aînés;
  6. La stratégie du vieillissement actif englobe la participation et l'empowerment;
  7. Le vieillissement actif respecte les diversités nationales et culturelles.

Ces principes posent l'obligation de développer des politiques publiques s'appuyant sur une collaboration entre les aînés et la société. Le rôle de l'État, dans un tel contexte, consiste à mettre en place des initiatives où les aînés sont directement interpellés, sensibilités et engagés.

Voilà exactement la vision de Municipalité-amie des aînés en attribuant une place privilégiée à la participation des aînés.

Dans sa forme optimale, Municipalité-amie des aînés concerne l'ensemble des acteurs de la société civile, de l'administration municipale et du politique. Le dialogue, la collaboration et la concertation entre ces acteurs sociaux sont les différentes façons de faire pour réussir un vieillissement actif.

 

 


 

World Health Organization. (1993). Health fo All. Copenhagen: World Health Organization.
Organisation mondiale de la Santé. (1999a). Restons actifs pour bien vieillir. Site consulté le 20 janvier 2011. URL http://www.who.int/ageing/publications/alc_embrace2001_fr.pdf.
World Health Organization. (1999b). Global Mouvement for Active Ageing. Site consulté le 20 janvier 2011. URL http://www.who.int/docstore/world-health-day/fr/document1999/gm_2p_f.pdf.
United Nations. (1991). Principles for Older Persons. New York: United Nations.
Organisation mondiale de la Santé. (2002). Vieillir en restant actif: Cadre d'orientation. Genève: Organisation mondiale de la Santé.
Walker, A. (2002). A Strategy of Active Ageing. International Social Security Review, 55(1), 121-139.
Walker, A. (2009). Commentary: The Emergence of Application of Active Ageing in Europe. Journal of Aging and Social Policy, 21(1), 75-93.