Présentation du projet
Qu’est-ce que Villes amies des aînés au Québec ?
L’idée du programme Villes amies des aînés (VADA) a été lancée en 2005 lors de l’assemblée tenue par la International Association of Gerontology and Geriatrics à Rio de Janeiro au Brésil. Depuis, le Canada, et plus particulièrement le Québec, jouent un rôle très actif dans son développement et son implantation.
Une ville-amie des aînés encourage le vieillissement actif en optimisant la santé, la participation et la sécurité des citoyens âgés, pour améliorer leur qualité de vie. Concrètement, une ville-amie des aînés adapte ses structures et ses services afin que les personnes âgées aux capacités et aux besoins divers puissent y accéder et y avoir leur place. Pour comprendre ce qui caractérise une ville accueillante pour les aînés, il est indispensable de remonter à la source, à savoir les citadins âgés eux-mêmes. OMS (2007:1)
Le phénomène du vieillissement de la population
Le Québec est caractérisé par un vieillissement démographique très rapide, étant le deuxième état qui vieillit le plus vite au monde après le Japon. En 2006, les personnes aînées de 65 ans et plus représentaient 14% de la population, en 2020, elles représenteront 21%, et en 2030, elles compteront pour plus du tiers de la population (27%).
Même si le phénomène d’urbanisation des populations est en constante progression, la recherche associée au projet des Villes amies des aînés vise à éclairer les conditions du vieillissement tant en milieu urbain qu’en ruralité. Pour en connaître davantage sur les effets qu’aura le vieillissement démographique sur le monde municipal, veuillez vous référer au rapport réalisé en 2004 par le ministère des Affaires municipales, du Loisir et du Sport intitulé « Les effets du vieillissement de la population québécoise sur la gestion des affaires et des services municipaux ».
Les personnes aînées doivent vivre dans un environnement qui leur permette de continuer à mener une vie active. Le Guide mondial des villes amies des aînés produit par l’Organisation mondiale de la santé (OMS, 2007) propose des façons d’adapter les milieux de vie aux besoins des aînés. Ce guide mondial est le produit d’un vaste projet de recherche international représentant l’ensemble des continents et qui a été mené dans 33 villes au monde (dont Sherbrooke). Le gouvernement canadien a également produit un document à l’intention des collectivités rurales «Initiative des collectivités rurales et éloignées amies des aînés : un guide».
VADA au Québec
Le projet VADA a pris un grand essor au Québec en 2008 alors que la Ministre responsable des aînés en a fait une priorité et a financé un projet d’expérimentation sur cinq ans. La perspective préconisée est de type ascendant (bottom-up), laquelle fait la promotion de la participation des personnes aînées à toutes les étapes du projet. Par ailleurs, une approche participative de développement des communautés (issue du Plan de Madrid, 2002) incitera les acteurs intersectoriels du partenariat instauré au sein de comités de pilotage locaux, à conjuguer leurs intérêts respectifs en faveur de l’amélioration de la qualité de vie des aînés de leur communauté. Le projet VADA-QC prévoit entre autres une évaluation de l’implantation des projets dans les sept sites du Québec, représentant 28 municipalités, ainsi qu’une évaluation des effets au terme de l’expérimentation.
Les sept sites participants au projet de recherche Villes amies des aînés du Centre de recherche sur le vieillissement CSSS-IUGS de Sherbrooke :
-
Arrondissement de Charlesbourg
-
Drummondville
-
Granby
-
MRC du Témiscamingue
-
Rimouski
-
Rivière-du-Loup
-
Sherbrooke
![]() |
|
|
|
![]() |
|
|
|
Le cadre d’orientation
Les projets des Villes amies des aînés s’appuient sur un cadre d'orientation de l’OMS, « Vieillir en restant actif» qui signifie « un processus permettant d’optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité afin d’accroître la qualité de vie pendant la vieillesse ».
Ainsi défini, le vieillissement actif ne signifie pas seulement d’être actif physiquement ou d’occuper un emploi mais s’ouvre sur les moyens de favoriser une vie en santé et une vie de qualité le plus longtemps possible pendant cette phase de la vie. Maintenir son autonomie et son indépendance est le concept clé du cadre du vieillissement actif puisqu’il prend place dans un contexte familial et social où l’interdépendance et la solidarité intergénérationnelle représentent des éléments importants.
Conformément à ce guide d’action, le processus enclenché dans les sept sites pilotes vise à optimiser les possibilités de bonne santé, de participation et de sécurité en modifiant les différents aspects des environnements (physique, social, culturel, économique) qui font obstacle à une pleine participation des aînés à toutes les sphères de la société. Ce faisant, on fournit aux aînés des conditions favorables pour réaliser leur potentiel physique, social et psychologique et améliorer leur qualité de vie, et ce tout au long de leur vie.
-
Santé : Le volet « santé » ne doit pas se concentrer sur les soins de santé mais sur les possibilités d’adopter et de maintenir un mode de vie actif et stimulant, c’est-à-dire une pratique régulière d’activités de loisirs comprenant une participation aux activités physiques, récréatives, sociales, culturelles et intellectuelles.
-
Participation sociale : La participation sociale renvoie à toute activité rémunérée ou non qui permet à la personne aînée de pleinement contribuer à la vie communautaire, par exemple des activités de bénévolat et de formation continue, des activités citoyennes ou par l’emploi.
-
Sécurité : La sécurité permet d’assurer la protection et la dignité des personnes aînées en répondant à leurs besoins et en respectant leurs droits. Ce concept réfère non seulement à la sécurité des lieux physiques mais également au sentiment de sécurité ressenti par les aînés, par exemple le manque d’éclairage, des trottoirs mal entretenus, une impression d’insécurité pour certains lieux publics, etc.
Déployer des politiques et des programmes favorables à un vieillissement actif, c’est reconnaître qu’il faut non seulement continuer à modifier les comportements et promouvoir l’adoption et le maintien de bonne habitudes de vie, mais aussi favoriser l’aménagement ou l’adaptation des services et infrastructures. Vieillir en restant actif est tributaire de plusieurs facteurs ou déterminants qui sont liés autant à l’individu qu’au milieu de vie. Le potentiel du champ d’action des projets VADA est donc vaste.
Une démarche en 7 étapes
Les sept sites du projet VADA sont engagés dans une démarche en 7 étapes qui repose sur les grands principes de développement de la communauté.
-
La Ville mandate un responsable administratif (porteur) et politique (élu) pour le projet des Villes amies des aînés
-
Mise en place d’un comité de pilotage intersectoriel
-
Réalisation d’un diagnostic du milieu
-
Rédaction d’un plan d’action
-
Mise en œuvre des projets
-
Évaluation de la démarche d’implantation et des effets
-
Transfert des connaissances
À l’heure actuelle, les villes s’occupent activement de la mise en œuvre des plans d’action qui ont été adoptés par leur conseil municipal. Le suivi de l’implantation des projets permettra de rendre compte des efforts consentis à leur implantation comme des conditions qui doivent être rassemblées pour favoriser leur déploiement dans la communauté.









